La résistance finale du béton n'est pas obtenue immédiatement après le coulage. Au-delà du bon dosage, c'est le temps de cure qui garantit sa solidité.
Ce qui se passe après le coulage
Le béton durcit par une réaction chimique entre le ciment et l'eau : l'hydratation. Cette réaction a besoin d'eau pendant plusieurs jours. Si l'eau du béton s'évapore trop vite, l'hydratation s'arrête en surface : le béton devient poreux, poussiéreux, il fissure et protège moins bien les armatures en acier.
La cure regroupe l'ensemble des mesures qui empêchent cette dessiccation précoce et laissent au béton le temps de prendre sa résistance.
Combien de temps ?
À 20 °C, il faut environ 28 jours pour que le béton atteigne sa résistance mécanique optimale.
C'est d'ailleurs à 28 jours que la résistance de référence d'un béton est mesurée. Mais il faut distinguer deux durées :
- Le durcissement, qui se poursuit pendant des semaines : à 28 jours, le béton atteint sa résistance de référence.
- La protection de cure, qui concerne surtout les premiers jours, période pendant laquelle le béton est le plus vulnérable. Selon la norme d'exécution des ouvrages en béton (NF EN 13670), la cure doit être maintenue jusqu'à ce que le béton ait atteint un pourcentage de sa résistance à 28 jours, de 35 % à 70 % selon la classe de cure choisie. Selon le type de ciment, la température et la classe retenue, cela représente de un à plusieurs jours, et davantage pour les bétons à durcissement lent.
Les délais de décoffrage, de mise en charge et de pose des revêtements découlent de cette montée en résistance : charger trop tôt une dalle ou décoffrer trop vite une poutre, c'est prendre le risque de fissures ou de déformations.
Un suivi indispensable
Durant cette période, un suivi adapté est indispensable pour assurer la qualité et la durabilité de l'ouvrage : protection contre le soleil, contre le vent et contre le manque d'humidité.
Les bonnes pratiques de cure
- Arroser régulièrement la surface, ou la maintenir humide avec une toile ou un géotextile mouillé
- Couvrir le béton avec un film plastique pour limiter l'évaporation
- Appliquer un produit de cure, qui forme un film protecteur en surface
- Laisser les coffrages en place le temps nécessaire, car ils protègent aussi le béton
- Éviter de couler aux heures les plus chaudes, et protéger les ouvrages exposés au vent
Le béton sous climat tropical
En Guadeloupe, la chaleur accélère le durcissement, mais le soleil et les alizés accélèrent aussi l'évaporation. Une dalle coulée en plein soleil et laissée sans protection peut se dessécher en quelques heures et se couvrir de fines fissures de retrait. La cure y est donc au moins aussi importante qu'en climat tempéré.
Le bord de mer ajoute une contrainte : l'air chargé en sel attaque les armatures si le béton de surface est poreux. Un béton bien curé, avec un enrobage suffisant des aciers, est la meilleure protection contre la corrosion. Dans une zone exposée aux séismes et aux cyclones comme la nôtre, la qualité du béton des ouvrages porteurs ne tolère pas d'approximation.
Nous appliquons ces principes sur chacun de nos chantiers afin de garantir le respect des normes et la pérennité des réalisations.
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